Le logo du groupe chimique belge Solvay
par Rihab Latrache et Olivier Cherfan
Solvay a fait état mercredi d'un résultat opérationnel inférieur aux attentes pour le troisième trimestre, le groupe chimique belge étant sous pression en raison de l'impact du conflit au Moyen-Orient et de la faiblesse du marché du carbonate de soude.
La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran a perturbé l'activité de Solvay dans la région du Golfe persique, causant notamment l'arrêt d'une usine de peroxyde en Arabie saoudite et l'amenant à abaisser le mois dernier ses perspectives annuelles, en raison de l'impact sur ses résultats du troisième trimestre.
L'Ebitda sous-jacent pour la période juillet-septembre est ressorti à 173 millions d'euros, en deçà des attentes des analystes qui tablaient sur 186 millions dans un consensus établi par Solvay et en baisse organique de 26,6% Sur un an.
Le chiffre d'affaires net s'est établi à 1,03 milliard d'euros, en ligne avec les attentes et en baisse organique de 3,3%.
À la Bourse de Paris, vers 09h10 GMT, l'action était cependant en hausse de 1,87% à 23,9 euros.
"Solvay ayant déjà publié un avertissement sur ses résultats (...), nous pensons que l'attention se portera aujourd'hui sur les signes indiquant que la concrétisation de la valeur des terres rares pourrait intervenir à plus court terme et être potentiellement plus importante qu'anticipé par les marchés", avisent les analystes de JP Morgan dans une note mercredi.
Les terres rares dans le viseur
Le groupe a également annoncé jeudi la signature d'un accord à long terme avec le groupe minier australien Viridis pour l'approvisionnement de matières premières de terres rares à partir de 2028.
"Viridis est prêt à approvisionner La Rochelle et couvrira une très grande partie des besoins liés à l'investissement de La Rochelle", a précisé le "CEO" de Solvay Philippe Kehren dans une téléconférence de presse. "Nous avons toujours affirmé que cet investissement pourrait nous permettre de fournir l'équivalent de 30% de la demande européenne en aimants permanents", a-t-il ajouté.
Solvay précise par ailleurs que ses discussions avec le fonds d'investissement spécialisé dans les minéraux critiques OneIM se poursuivent, en vue de créer une coentreprise dans laquelle le groupe belge apporterait ses activités liées aux terres rares.
"Le périmètre Solvay concerné génère environ 80 millions d'euros d'Ebitda sous-jacent en base annuelle", précise le groupe, les analystes de JP Morgan calculant que ce chiffre implique une valorisation d'environ un milliard d'euros pour l'ensemble de l'activité.
"Le flux de trésorerie ultime pour Solvay dépendra de l'ampleur de la vente de participation et de la manière dont les responsabilités environnementales historiques (...) sont traitées dans le périmètre de la transaction", souligne le courtier.
Le groupe, qui a confirmé ses perspectives abaissées le mois dernier, a déclaré prévoir de verser le 20 janvier un acompte sur dividende brut de 0,97 euros par action, comme l'année dernière.
(Rédigé par Rihab Latrache, avec Olivier Cherfan, édité par Augustin Turpin)

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